La philosophie positiviste et la politique en Argentine dans les années 1880-1930

Le positivisme représente l’avant-garde idéologique d’une bourgeoise identifiée avec le progrès soutenu par la science et la technique, le développement des forces productives et de la société en général.

Le rapprochement de la méthode scientifique à la politique, est à l’origine d’une préférence pour ce qui est prévisible, si bien que on pense à la substitution de la politique par l’”administration”, une activité régulière, de traits scientifiques, caractérisée par la connaissance des moyens pour obtenir le bien de la société et le progrès linéaire et indéfini de la nation.

Puisque le dogmatisme catholique représentait un obstacle important dans le chemin vers le progrès, il est promu la séparation de l’église et de l’État et le principe de laïcité, c’est-à-dire, la non-intervention de l’église sur la politique et les affaires de l’État.

La “Génération de 1880″ a un clair projet de modernisation: elle se propose introduire la “civilisation européenne” dans un pays largement dépeuplé ou peuplé par habitants analphabètes sans aucune possibilité de se développer à la manière avec laquelle une nation puissante pouvait demander.

Libérale et cosmopolite, l’élite exerçait une domination économique, politique et culturelle, comme écrit Miguel Cané: “l’élite argentine se caractérise par un esprit ouvert à la puissante évolution du siècle, fondée sur la foi dans la science et dans le progrès humain.”

Le passage audacieux dans la promotion du changement économique et social est celui de l’ouverture du pays à l’immigration: l’Argentine offrait travail et bon salaire mais ne garantissait pas aux immigrants l’assignation de terre, selon la loi de colonisation de 1876 qui reflétait la politique de l’État de livrer systématiquement les terres publiques aux familles puissantes.

L’article 25 de la Constitution énonce: “Le gouvernement fédéral favorisera l’immigration européenne; il ne pourra restreindre, limiter, ni frapper d’aucun impôt l’entrée sur le territoire argentin des étrangers dont le but est de travailler la terre, d’améliorer les industries, d’introduire et d’enseigner les sciences et les arts. […]“

 

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Bourgeoisie argentine dans le hippodrome de Palermo, Buenos Aires, début du XXe. siècle.

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