Le temps de la peinture – Lyon 1800-1914

Vous pouvez visiter actuellement et jusqu’à fin juillet, l’expo Le temps de la peinture – Lyon 1800-1914 dans le musée des Beaux-Arts (place Terreaux).

On y trouve 250 œuvres de peintres constituants l’école lyonnaise, qui se développe à partir de l’ouverture de la nouvelle École impériale des Beaux-Arts de Lyon, créée en 1805.

Dans les portraits de groupe et les scènes d’atelier j’ai trouvé une jeune école qui se conçoit comme une fraternité, il y a plusieurs exemples, L’Atelier de Révoil de Jacomin, L’Atelier de Cochereau, ou Les artistes à l’ile Barbe de Duclaux.

Dans ce milieu on s’aperçoit que la présence féminine est absente, soit en qualité d’artiste, soit en qualité de promoteur de l’art, on pourrait imaginer de trouver des portraits de la bourgeoisie lyonnaise par exemple, soit comme muse inspiratrice du peintre. En autre, pour ce que concerne les représentations, la place de la femme est toujours dans scènes domestiques, souvent dans la cuisine, ou dans la chapelle, en priant pour une fille malade: souffrance, travail domestique et devoir religieux semblent être les caractéristiques de la femme comme nous la reporte l’école de Lyon d’auprès la société lyonnaise du XIX siècle.

Le seul peintre qui semble valoriser au moins la valeur esthétique de la figure féminine dans la peinture est Louis Janmot: une superbe représentation d’une fille assise avec des fleurs dans le tableau intitulé Fleurs des champs, mais aussi dans La ronde ou Rayons de soleil, ou encore dans Les fiancés, la figure, le corps, la douceur du féminin y est.

Pourtant, n’y a pas un rappel explicite à la sensualité féminine, aucun nu, aucune scène érotique, aucune représentation qui exalte le féminin tel qu’est; sauf, et c’était un soulagement, La jardinière, de Simon Saint Jean: quasi cachée par le chapeau de fleurs et le bouquet qu’elle porte dans ses bras, on dévoile la sensualité du visage d’une jeune femme, la chaleur de son regard qui en fixant le spectateur, l’enchante.

Beaucoup d’autoportraits des artistes, dont celui de L. Janmot m’a vraiment impressionnée. L’artiste n’est pas seulement peintre, mais il semble scruter la réalité, l’interroger de façon perspicace, il est juge. En fait, son visage et son expression sont en premier plan par rapport aux outils du peintre qu’il a dans ses mains.

Enfin, “les peintres qui pensent”, comme les appelle Baudelaire, se sont exprimés à propos des valeurs et principes moraux, à ce sujet, très intéressant le tableau de Victor Orsel, dans Le Bien et le Mal, deux femmes sont protagonistes, l’une opposée à l’autre, comme les vertus sont opposés aux vices, PRUDENTIA-LIBIDO, MATRIMONIUM-CONTEMPTIO, FELICITAS-DESPERATIO: la voie du bonheur adressée aux jeunes filles qui y apprennent la chasteté, si bien qu’elles ne finissent pas par se tuer et par tuer son enfant, à cause de la solitude et la discrimination sociale.

Le seul dommage: le catalogue de l’exposition n’est pas disponible jusqu’à mi mai….

Louis Janmot, Fleurs des champs (détail), 1845, Musée des Beaux-Arts de Lyon © Alain Basset

 

 

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