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Paris, mon amour, je t’ai quitté…
Tu va me manquer, toi ville des lumières. J’ai aimé tes rues, tes boulevards, tes petits chemins cachés. Je ramène avec moi quelque chose de chez toi, quelque chose d’indefinissable qui est désormais ôtage dans mon coeur.
Pourtant, je ne regrette pas ma décision, c’est que du bonheur avoir à nouveau des énergies et l’envie de commencer une nouvelle periode dans ma vie. Et puis… Buenos Aires a beaucoup de tes lumières…
Le Père, le père et le mensonge de l’être
“Le Père, dit Saint-Yves d’Alveydre dans les Clefs de l’Orient, le Père, il faut le dire, est destructeur.”
Un esprit désespéré de rigueur et qui, pour penser, se met sur le plan surélevé de la nature, sent le Père comme un ennemi. Le Mythe de Tantale, celui de Mégère, celui d’Atrée contiennent en termes fabuleux ce secret, cette espèce de vérité inhumaine, dont c’est toute la recherche des hommes d’essayer de s’accommoder.
Le mouvement naturel du Père contre le Fils, contre la Famille, est de haine ; cette haine que la philosophie de la Chine ne peut séparer d’avec l’amour.
Et de cette vérité générale, chaque père particulier dans son être cherche lui aussi à s’accommoder.
J’ai vécu jusqu’à vingt-sept ans avec l’haine obscure du Père, de mon père particulier. Jusqu’au jour où je l’ai vu trépasser. Alors cette rigueur inhumaine, dont je l’accusais de m’opprimer, a cédé. Un autre être est sorti de ce corps. Et pour la première fois de la vie ce père m’a tendu les bras. Et moi qui suis gêné dans mon corps, je compris que toute la vie il avait été gêné par son corps et qu’il y a un mensonge de l’être contre lequel nous sommes nés pour protester.
Antonin Artaud, Messages révolutionnaires.

