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Histoire de Buenos Aires. 1880-1936 : la métamorphose
Aucune période d’expansion économique, technologique et sociale, n’a été aussi remarquable dans l’histoire argentine que celle qui commence avec l’extension des limites de Buenos Aires (1880), alors qu’elle avait été déclarée capitale de la République, et culmine avec la construction de l’obélisque (1936), le symbole urbain le plus puissant.
En effet, seulement dans la période 1896-1914 le commerce extérieur passe de 73.000.000 à 725.000.000 pesos-or. Entre 1881 et 1914, à peu près de 4.200.000 immigrants arrivent à l’Argentine. Le réseau de chemins de fer augmente de 2.400 à 33.700 km et les 23.000 établissements industriels en 1895 vont être 48.000 en 1914. Le 8 juillet de 1882 se décrète l’enseignement laïque, gratuit et obligatoire, et l’analphabétisme, qui était de 77% au début de cette période, descend alors à 36% en 1914.
Pour toute nation puissante il faut une capitale qui reflète la culture et la société qui l’a fondée et développée. Buenos Aires est ainsi transformée d’une grande bourgade en métropole, selon le goût de l’élite qui détenait le pouvoir. Il faut souligner que l’oligarchie argentine est éduquée à l’européenne, elle est habituée à séjourner en Europe, à fréquenter les meilleures universités. Il s’agit des personnes qui parlent français et anglais à niveau soutenu et qui disposent d’une très vaste culture général. Les idées politiques sont de même issues de l’Europe républicaine, notamment pendant les années de la Révolution de Mai, Le Contrat Social vole de main en main et Robespierre est un modèle d’homme politique.
Buenos Aires, se prend pour un prolongement de l’Europe, affirme Sarmiento dans son chef d’œuvre Facundo, publié trente cinq ans avant de l’apogée de l’idée d’européanisation de la ville. En effet, les caractéristiques culturelles de l’oligarchie argentine sont déjà présentes avant la période qui nous nous concerne:
«Il suffit de pendre une liste d’habitants de Buenos Aires pour voir combien abondent parmi les fils du pays les noms anglais, français, allemands et italiens. En 1820 la société commence à s’organiser selon les idées nouvelles dont elle est imprégnée, et le mouvement continue jusqu’à ce que Rivadavia2 se mette à la tête du gouvernement. [...] Amnistie, sûreté individuelle, respect de la propriété, responsabilité de l’autorité, équilibre des pouvoirs, éducation publique, tout, enfin, se fonde et s’établit pacifiquement. Rivadavia vient en Europe, rapporte l’Europe; plus encore, il méprise l’Europe; Buenos Aires, et naturellement la république Argentine, ajoutait-on, devait réaliser ce que n’avait pas pu la France républicaine, ce que ne voulait pas l’aristocratie anglaise, ce après quoi soupirait l’Europe en proie au despotisme. Ce n’était pas là une illusion de Rivadavia, c’était la pensée général de la ville, c’était son esprit et sa tendance.»3
En 1888, les limites de la ville se sont étendues de 4.000 à 18.000 hectares, alors que Paris, à la même époque n’en possède que 7.900. Les nouvelles limites sont au sud, le Riachuelo, au nord et à l’ouest, l’avenue de circonvallation Général Paz. À l’est, on trace deux avenues long du rivage, la Costanera Sur et la Costanera Norte, car il fallait aussi rendre le Rio de la Plata à la ville. Et en effet, il devient un motif de promenade et découverte.
La structure de la cité garde sa forme coloniale, c’est-à-dire, elle se développe à partir de la grille rectiligne selon l’usage dans toutes les fondations de villes en Amérique hispanique. Or, le “grand damier” a besoin de s’urbaniser. Sur le modèle à suivre n’a pas de discussion: Buenos Aires devait devenir la Paris Austral.
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1 D. F. Sarmiento, Facundo, L’Herne, Paris, 1990, p. 142.
2 Bernardino Rivadavia est le premier président argentin (1926-1927). Puisque il fallait attendre la sanction de la Constitution National (1853), Rivadavia est président provisoire désigné par le Parlement.
3 Ibidem, p. 143.
Photo: Hotel de Ville de Buenos Aires (1910).
Histoire de Buenos Aires. 1930 : l’évolution de l’extrême droite et la chute de la démocratie
Le gouvernement radical est identifié à la nouvelle classe moyenne issue de l’immigration et aux ouvriers. La Révolution Rouge qui représente pour beaucoup de gens l’espoir d’un avenir plus digne, est un danger aux yeux des nationalistes et justifie une propagande extrémiste, dont l’un des porte-parole est le poète Leopoldo Lugones. Son propos concerne soit l’«extirpation de l’étranger maléfique»1 soit la demande de l’armée pour terminer avec la démocratie populaire du radicalisme. Le nationalisme trouve inspiration dans l’Action française et le fascisme italien. Mais au delà des intellectuels et des sources d’inspiration idéologique, l’extrême droite organise des forces paramilitaires qui envahissent peu à peu les rues.
Pour renforcer le pouvoir de l’État dans la sphère économique, le Présidente radical Yrigoyen décide nationaliser les sources d’énergie, notamment l’industrie du pétrole, en heurtant les intérêts de l’entreprise la plus puissante Standard Oil. À cet affrontement on doit ajouter la dépression économique des années ‘29 : la chute brutale du prix de matières premières affecte gravement l’économie argentine et déstabilise la société.
Le 6 septembre 1930, le Président est chassé de la Maison Rosée par un coup d’état militaire aux ordres du Général José Felix Uriburu qui inaugurera la période connue comme la “décennie infâme”.
La loi martiale est instaurée, les dirigeants ouvriers sont déportés, les militants radicaux persécutés et les grèves des étudiants interdites. La torture est inaugurée comme pratique pour éliminer tout opposant et toute aide de la citoyenneté aux opposants. Yrigoyen est transféré à l’île Martín García, dont la prison est réservé aux prisonniers politiques et y restera pendant deux années.
Le 3 juillet 1933, dans sa modeste maison, veillé par milliers de personnes dans la rue, Hipolito Yrigoyen, le “défenseur le plus grand de la démocratie en Amérique”, le dernier “caudillo”, le cher “peludo”, s’éteignit.
Buenos Aires restera désormais divisée par une barrière de classe. Le nord bourgeois des beaux quartiers dont l’architecture suit la mode des grandes villes européennes: le Centre, Barrio Norte, Florida, Recoleta, Palermo et au delà les quartiers résidentielles de Belgrano jusqu’à San Isidro. Le sud ouvrier des immigrants: le vieux San Telmo, La Boca et au delà du Riachuelo, limite sud de la capitale, le faubourg industriel d’Avellaneda.
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1 C. Bernard, Buenos Aires 1880-1936, Autrement, Paris, 2001, p. 89.
Photo: Uriburu et Juan B. Molina vers la maison du gouvernement le 6/09/1930.
Histoire de Buenos Aires. Situation politique argentine au début du XXe siècle
Suite à la démission de Juárez Celman (1890), le vice-président Carlos Pellegrini accéde à la présidence de la Nation qu’il exerce jusqu’à octobre 1892. Il hérite une situation économique très difficile, suite à la gestion budgétaire désastreuse de son prédécesseur. Durant sa période présidentielle il réussit à assainir les finances de l’état, crée la Banque de la Nation Argentine ainsi que le prestigieux collège qui porte toujours son nom: la “Escuela Superior de Comercio Carlos Pellegrini”1.
Le 12 octobre 1892 fut consacré Président de la Nation Luis Sáenz Peña. Affaibli par les divers soulèvements des radicaux, il présente sa démission devant le Congrès le 23 janvier 1895, qui l’accèpte. Son mandat passe alors à son vice-président José Evaristo Uriburu jusqu’à 1898.
Julio A. Roca se représente aux élections en étant à nouveau élu président pour un deuxième mandat (1898-1904). En pleine situation de tension avec le Chili, Roca obtient la paix et la solution définitive de tous les litiges frontaliers grâce à la signature du Traité Argentine-Chili de 1902.
L’UCR représenta l’opposition politique à l’oligarchie en luttant pour la transparence électorale et la corruption. Toutefois, le plus grand danger pour l’oligarchie vient de l’anarchisme, implanté depuis plusieurs années et développé à travers des cercles et des organes de presse, dont le plus important “La Protesta” dénonce les mauvaises conditions de logement dans les conventillos, les maison collectives où habitaient les immigrants et les marginaux, lutte pour améliorer les conditions de travail des ouvrières, etc.
Une maison collective à Buenos Aires au début de siècle
Dans les mêmes années, le Partie socialiste est fondé et les anarchistes sont regroupés au sein de la FORA (Fédération ouvrière régionale argentine) fondée en 1901.
L’agitation ouvrière exacerbe la xénophobie car la plupart des ouvriers syndiqués sont étrangères. L’oligarchie propose la loi de résidence de 1902 selon laquelle “un étranger dont la conduite peut compromettre la sécurité nationale, troubler l’ordre public ou la tranquillité sociale peut être expulsé”2.
Mais ne sont pas seule les anarchistes à créer désordre public, les radicaux se mobilisent et en 1905 font un tentative de coup d’état, dont le vice-président José Figueroa Alcorta est pris en otage. Les groupes anarchistes se montrent aussi actifs, perpétrant de nombreux attentats et arrivant même à tuer le chef de la police Ramón Falcón en 1909, comme vengeance pour la répression criminelle exercée par la police lors des manifestations du 1er mai.
En 1910, à l’occasion de la commémoration du centenaire de la Révolution de Mai, la contestation politique atteint son sommet: l’attentat au théâtre Colon, symbole de l’élite illustré, et l’irruption des agitateurs dans les rues, perturbent les célébrations. Il fallait un changement.
En 1912, le présidente Roque Sáenz Peña (1910-1916) concentre ses efforts sur la démocratisation de la vie politique, il est le promoteur d’une réforme électorale basée sur trois principes: le vote secret, obligatoire, et l’inscription au registre électoral. La Loi N° 8871, connue à partir de ce moment là comme “Loi Sáenz Peña”, fait possible l’arrivée des radicaux au gouvernement qui restent au pouvoir de 1916 à 1930 en favorisant la participation politique des citoyens, la nationalisation de l’exploitation du pétrole et la diffusion de l’éducation universitaire.
En 1928, Yrigoyen accède au pouvoir pour la deuxième fois (le premier mandat était de 1916 à 1922) en remportant 57% des votes. L’ancien patriciat avait été complètement dépossédé du pouvoir bien que il restait économiquement puissant. L’université est peuplée des fils d’immigrants, beaucoup d’origine italienne.
Bien que les radicaux étaient engagés dans la démocratisation de la société, les contestations des ouvrières continuaient en étant très durement réprimées, notamment celle connue comme “Semaine tragique” (7-9 janvier 1919) qui produit 1.000 victimes et les succès dans le sud du pays appelés “Patagonie rebelle” ou “Patagonie tragique” (décembre 1921) qui produisent 1.500 victimes. C’est à partir de ces évènements que les radicaux perdent l’appui des ouvriers qui trouveront une décennie plus tard son nouveau et propre “défenseur“: Juan D. Peron.
Le président Yrigoyen vers la maison de gouvernement ( 1928 )
1 École publique de haut niveau académique dépendante de l’Université de Buenos Aires.
2C. Bernard, Buenos Aires 1880-1936, Autrement, Paris, 2001, p. 84.
Histoire de Buenos Aires. Le parti radical et la recherche de la voie démocratique
Pendant le gouvernement de Juárez Celman (1886-1890), beau-frère du président précédent, Julio A. Roca, on continue à promouvoir les travaux publics (théâtre Colon, nombreuses écoles et structures sanitaires) et la immigration. La privatisation des entreprises publiques dont celle des chemins de fer devient la plus importante, est accompagnée d’une aiguë corruption.
La concentration du pouvoir politique dans les mains du président et dans celles de quelques fonctionnaires directement désignés par lui, est énorme; comme conséquence sa présidence sera appelée l’Unicato (pouvoir unique).
Au bout de la décennie 1880-1890, avec la crise économique britannique, la situation devient insoutenable: les créanciers exigeaient des paiements qui impliquaient de puiser dans les réserves d’or en amenant une forte inflation. La monnaie est inconvertible depuis 1885 et de 1888 à 1889 l’émission de monnaie triple.
Juárez Celman, incapable de maintenir la stabilité économique, doit faire face à une puissante alliance de opposition, dirigée par Leandro N. Alem, qui donnera naissance au parti politique de l’Unión Cívica (Union Civique) puis Unión Cívica Radical. La UC était constituée par les classes moyennes issues de la immigration, la jeunesse universitaire portègne et quelque personnalité issue de la bourgeoisie comme Vicente Fidel López, Aristóbulo del Valle y Pedro Goyena.
Le 13 avril 1890 la dénonciation par Aristóbulo del Valle au Sénat de l’émission clandestine de monnaie provoque une énorme agitation. Les activistes catholiques, les classes populaires appauvries et les opposants politiques commencent à manifester à Buenos Aires et à Rosario. Leandro N. Alem, parrainé par Bartolomé Mitre, convoque les membres de la UC à un grand meeting, où débute le mouvement qui le 26 juillet de cette année se termine par la Revolución del Parque (Révolution du Parc): A. Del Valle, B. Mitre, José M. Estrada, P. Goyena et L. N. Alem, y prennent la parole, incitant à la rébellion contre la autocratie.
Après la Révolution du Parc et du pacte “de paix” entre Mitre et Roca, la UC se divise et Leandro N. Alem fonde l’Union Civica Radical (UCR).
La philosophie positiviste et la politique en Argentine dans les années 1880-1930
Le positivisme représente l’avant-garde idéologique d’une bourgeoise identifiée avec le progrès soutenu par la science et la technique, le développement des forces productives et de la société en général.
Le rapprochement de la méthode scientifique à la politique, est à l’origine d’une préférence pour ce qui est prévisible, si bien que on pense à la substitution de la politique par l’”administration”, une activité régulière, de traits scientifiques, caractérisée par la connaissance des moyens pour obtenir le bien de la société et le progrès linéaire et indéfini de la nation.
Puisque le dogmatisme catholique représentait un obstacle important dans le chemin vers le progrès, il est promu la séparation de l’église et de l’État et le principe de laïcité, c’est-à-dire, la non-intervention de l’église sur la politique et les affaires de l’État.
La “Génération de 1880″ a un clair projet de modernisation: elle se propose introduire la “civilisation européenne” dans un pays largement dépeuplé ou peuplé par habitants analphabètes sans aucune possibilité de se développer à la manière avec laquelle une nation puissante pouvait demander.
Libérale et cosmopolite, l’élite exerçait une domination économique, politique et culturelle, comme écrit Miguel Cané: “l’élite argentine se caractérise par un esprit ouvert à la puissante évolution du siècle, fondée sur la foi dans la science et dans le progrès humain.”
Le passage audacieux dans la promotion du changement économique et social est celui de l’ouverture du pays à l’immigration: l’Argentine offrait travail et bon salaire mais ne garantissait pas aux immigrants l’assignation de terre, selon la loi de colonisation de 1876 qui reflétait la politique de l’État de livrer systématiquement les terres publiques aux familles puissantes.
L’article 25 de la Constitution énonce: “Le gouvernement fédéral favorisera l’immigration européenne; il ne pourra restreindre, limiter, ni frapper d’aucun impôt l’entrée sur le territoire argentin des étrangers dont le but est de travailler la terre, d’améliorer les industries, d’introduire et d’enseigner les sciences et les arts. […]“
Bourgeoisie argentine dans le hippodrome de Palermo, Buenos Aires, début du XXe. siècle.
Histoire de Buenos Aires. La “Generacion de los ‘80″
L’année 1880 représente un moment clé de la histoire argentine et de la ville qui nous occupe. Pendant la présidence de Julio A. Roca (1880-1886) se consolide l’état nation et se désigne Buenos Aires capitale de la République.
La classe dirigeante qui accompagne le processus de modernisation dont le progrès économique et l’organisation institutionnel provoquent le surgissement d’une nouvelle société, est appelée “La Generacion de los ‘80″ (La génération de 1880). Personnalités comme les écrivains Paul Groussac et Miguel Cané, le médecin Eduardo Wilde, les avocats et hommes politiques Carlos Pellegrini et Luis Saenz Peña et l’intellectuel Joaquín V. González entre autres, contribuent à planifier et concrétiser le processus de modernisation.
Cette classe politique, regroupée dans le Parti Autonomiste National (PAN), adhère au libéralisme économique mais pratique une politique décidément conservatrice en se réservant la gestion du pays. Ils se considéraient, en fait, les seuls aptes à exercer le pouvoir. Le fraude électoral est monnaie courante, favorisé par le système du vote “chanté” (public), l’inexistence de listes électorales officielles et l’exercice de l’intimidation.
Il s’agissait d’une “alliance des illustres et notables”, une république aristocratique en termes poliques, dont le pouvoir est réservé aux personnes illustres et issues de la classe sociale aisée. Cependant, l’ordre établi reconnaissait à tous la possibilité de promotion sociale atravers le travail et l’accumulation de capital.
Histoire de Buenos Aires. Fédéralistes et unitaires
À partir de 1819 se définissent deux groupes politiques: les fédéralistes qui défendent les autonomies provinciales et les unitaires partisans du pouvoir centralisé en Buenos Aires. Les conflits conduisent à une longue guerre civile dont le premier épisode était la bataille de Cepeda en février 1820. Dès ce moment chacune province est gouvernée en autonomie par un caudillo1. Buenos Aires, la province la plus riche, retient par soi les bénéfices de la douane et des affaires du port.
En 1829, Juan Manuel de Rosas, le chef des fédéralistes, prend le pouvoir et exerce jusqu’en 1852 une dictature qui consolide l’État argentin à force de censure et persécution des adversaires politiques. Toutefois, les bourgeois de Buenos Aires dont leur contrôle est étendu sur l’ensemble du territoire, sont les promoteurs du compromis signé en 1830 qui fait de l’Argentine une république fédérale unifiée, dont Buenos Aires conservait le statut de capitale.
Justo José de Urquiza, gouverneur de Entre Ríos, province productrice de bovin qui était sérieusement nuite par la politique de Rosas, forme en 1851 avec l’aide du Brésil une armée qui aura la victoire à la bataille de Caseros le 3 février 1852. Après la chute de Rosas, Urquiza convoque un Congrès en Santa Fé qui en mai 1853 sanctionne la Constitution National.
Cependant, les intérêts de la classe haute portègne ne avaient pas changé même si Rosas ne était plus au pouvoir. Bartolomé Mitre et Adolfo Alsina, font un coup d’état en 1852 connu comme la “Révolution du 11 Septembre”. Le pays reste séparé pendant quasi dix ans en deux parties: l’État de Buenos Aires d’un coté, et la Confédération des Provinces avec capital en Paraná (Entre Ríos) de l’autre coté. En septembre 1861, après la chute d’Urquiza dans la bataille de Pavón, Mitre unifie le pays sous la tutelle de Buenos Aires.
Magazine El Mosquito. Année II – Nº 91 / 11 février 1865
Urquiza:_Feriez Vous moi une petite place, compère?
Mitre:_Bien sur mon ami! Asseyez Vous. Je savais que Vous viendriez, je Vous attendais.
À partir de Pavón, le pays connaît une période de stabilité, se succèdent les présidences de Bartolomé Mitre (1862-68), Domingo F. Sarmiento (1868-1874) et Nicolás Avellaneda (1874-1880) qui mettent en échec en manière définitive les oppositions des provinces, et développent une politique d’organisation institutionnel, en favorisant l’éducation, l’agriculture, les communications, les transportes, l’immigration et l’entrée de l’Argentine au marché mondial comme fournisseur de matières premières.
1Caudillo: chef politique charismatique qui fonde son pouvoir sur le clientélisme et la violence. Ils menaient une milice composée par gauchos (vachers), appelée montonera.
Histoire de Buenos Aires. La fondation
En 1536 Pedro de Mendoza, au nom du roi d’Espagne, fonde Santa María de los Buenos Ayres, la première ville argentine. La famine oblige Mendoza et les premiers colons à abandonner Buenos Ayres qui restera dépeuplée jusqu’à sa deuxième fondation réalisée par Juan de Garay en 1580.
Le territoire actuel argentin appartenait à la Vice-royauté du Peru jusqu’en 1776 quand le roi Charles III crée le Vice-royauté du Río de la Plata. La capitale, Buenos Aires, devient un grand port commercial d’où sortaient plusieurs produits mais surtout l’argent issu des mines du Potosí.
Les invasions anglaises (1806-1807) refusées par les créoles1 et l’occupation française du territoire espagnol par Napoleon montrent une Espagne faible et conduisent les créoles à se mobiliser en vue de la révolution. Le 25 mai 1810 se forme la première junte de gouvernement présidée par Cornelio Saavedra, qui entraîne la chute de la vice-royauté.
1Créoles: en Amérique hispanique, ce terme désigne les descendants des ancien fondateurs (patriciat) ou des premiers colons, qui sont nés sur le sol américain. Cela confirme un enracinement ancien au territoire.






